Mangbetu Atypique D 2/1 B

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 21,5 cm au plus large. 
  • Hauteur :
     38 cm.
  • Poids : 
    560 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, bois.
  • Pays : 
    République Démocratique du Congo.
  • Peuple : Congolais
  • Ethnies : 
    Mangbetu.
  • Période estimée : 
    Années 1900-1920
  • Autres informations :
    Ex collection Éric Claude.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Beauté fatale Jan Elsen p 190.
    Tribal arms monographs vol 1/n°3 p 31.

Synopsis

Matériaux et fabrication 1

 
Les Mangbetu ont largement exploité leur environnement pour obtenir un éventail de matériaux de fabrication qui, une fois soumis à leur expertise technique inventive, ont donné des articles utiles et beaux.


Les types de plantes collectées pour les objets de vannerie comprenaient des herbes des zones marécageuses, des fibres de cultures alimentaires telles que le sorgho, le millet et les bananes, des fibres de palmiers à huile et de raphia, du rotin, du papyrus et des vignes.


Toutes les parties des plantes étaient utilisées.

Par exemple, l’écorce du figuier était utilisée pour fabriquer des toiles d’écorce ; les sections de feuilles fendues, en particulier du raphia et du palmier à huile, étaient utilisées pour fabriquer des paniers et des cordages ; les nervures médianes des feuilles de palmier à huile étaient utilisées comme cordes d’instruments ; les tiges de palmier, entières ou en sections, étaient utilisées pour fabriquer des meubles ; les matériaux de tige fendue de toutes sortes étaient largement utilisés comme matériaux de reliure, d’attache et d’emballage, et servaient d’éléments de base pour tous les types de vannerie.
Les Mangbetu utilisaient ces parties de plantes dans leur couleur naturelle et les teignaient également en rouge ou en noir, comme sur les Negbés.*

 

* Negbé Mangbetu.

À son apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle, les notables Mangbetu s’entouraient d’une grande variété de jarres, tabourets, pipes, instruments de musique, armes, ustensiles de vannerie et ornements finement travaillés.
Les tabliers arrière (negbés) comme celui-ci étaient particulièrement populaires parmi les femmes Mangbetu de la classe supérieure au tournant du XXe siècle.

Ce coussin ornemental distinctif était constitué de feuilles de bananier en couches complexes.
Portés lors d’occasions spéciales, les negbés étaient fixés au bas du dos par une ceinture qui maintenait une extension de fibre dans le creux près de la base de la colonne vertébrale.
Ce qu’un des premiers témoins de ces ornements décrivait comme « un petit tablier d’effet douteux » n’était en fait pas tant destiné à couvrir les fesses des femmes mais plutôt à faire écho avec élégance à la forme de la coiffure en forme d’auréole Mangbetu, une construction conique élaborée qui dépassait à l’arrière de la tête.

 

Descriptif de l'objet

 

Cette faucille Mangbetu est très particulière, elle fait partie d’une catégorie que personnellement je mettrais à part, « trumbash décalé ».

En fait, c’est une variante de la série des premier et deuxième groupes, avec les mêmes références de base sauf que la lame est décalée par rapport à son axe et a la poignée.
En l’occurrence pour celle-ci, c’est une variante du deuxième groupe, la lame s’élargit vers l’arrière pour se projeter vers l’avant.

Le modèle de base se retrouve assez souvent sur les vieilles monographies, mais curieusement très peu dans les collections, ce qui en fait un modèle assez rare et recherché.

Au vue de la qualité des matériaux utilisés et leurs finitions, ont peut aisément penser que ce sont des armes de parade ou de prestige pour les notables.
Pour celle-ci, la poignée est classique du deuxième groupe, en bois, traversée d’un bout à l’autre par la soie de la lame.

La base de la lame et la nervure est très épaisse, trois long ergots coniques a pans plats côté extérieur et un côté intérieur.


La particularité de cette arme, c’est d’avoir un autre ergot en forme de queue de détente (comme sur un fusil) au-dessus de l’ergot intérieur.

Cette particularité n’est attestée que sur des armes anciennes, datant de la fin 19éme début 20éme, à l’époque où les Mangbetu ont fait connaissance avec les armes à feu.

@ll@n