Mangbetu type 3/1 Ivoire

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 22,5 cm au plus large. 
  • Hauteur :
     39,5 cm.
  • Poids : 
    725 grammes.
  • Matériaux : Fer forgé, ivoire.
  • Pays : 
    République Démocratique du Congo.
  • Peuple :
    Congolais.
  • Ethnies : 
    Mangbetu Mambele.
  • Période estimée : 
    Années 1900-1920
  • Autres informations :
    Ex collectipon française.
    Intermédiaire, Karl Martinenghi.
    Collection Mémoire-africaine.

 

  • Réf. littéraires : 
    Panga na visu p 149.
    Tribal arms monographs vol 1/n° 3.
    White gold, Black Hands: Ivory
    Sculpture in Congo. fig 8/47.

Synopsis

Un peu d’histoire!

Les courants linguistiques prouvent que les Mangbetu sont originaires du nord-est, probablement de l’actuel Soudan.
En se déplaçant vers le sud, ils ont croisé des migrations bantoues se déplaçant vers le nord.
Ils se sont finalement installés dans leur patrie actuelle au 19ème siècle.
Cette région avait été occupée par les Mbuti*.

Les Mangbetu se sont mariés avec de nombreuses populations bantoues et pygmées qu’ils ont rencontrées et les ont subsumées.


Au 19ème siècle, le royaume Mangbetu a été établi sous Nabiembale et est devenu la force politique dominante de la région jusqu’en 1880, lorsque des esclavagistes soudanais et islamiques ont pénétré dans la région, fragmentant le royaume en sultanats contrôlés par des chefs musulmans.


Lorsque les Belges sont arrivés, ils ont expulsé les esclavagistes.

Le colonialisme belge a débuté au début du vingtième siècle, cela a radicalement changé la société mangbetu.
D’une manière générale, la domination belge a été acceptée sans que les Mangbetu coopèrent ou participent pleinement au système administratif belge.
Les Mangbetu et leurs sujets ont accepté le christianisme très lentement par obligation et ont envoyé peu de leurs enfants dans les écoles européennes.
La production de cultures commerciales des Mangbetu était plus faible et plus péniblement extraite qu’ailleurs dans la colonie belge.

Lorsque les villes se sont développées autour des centres administratifs et commerciaux, les Mangbetu y ont participé en nombre relativement faible.

En revanche, d’autres groupes, notamment les Budu, sont devenus des employés de bureau, des domestiques, des chauffeurs, des ouvriers, des vendeurs et des étudiants.
Une explication dominante des succès des Budu (et des échecs des Mangbetu) est que les Budu étaient attaqués par les Mangbetu au moment du contact colonial, et qu’ils se sont donc conformés aux souhaits des Européens afin de se sauver.
À l’inverse, les Mangbetu, qui étaient de fiers conquérants, se sont retirés par défi et ont préféré se remémorer les gloires passées et comploter un retour au pouvoir.
Il est clair que le prestige des Mangbetu a souffert de la perte d’esclaves, de la fin des razzias, du déshonneur d’être conquis et d’autres humiliations de ce genre, mais les politiques coloniales ont également empêché les Mangbetu de se développer avec plus de succès.
En interdisant l’activité entrepreneuriale des lignées, en réduisant le prestige de la cour des Mangbetu, en réglementant la succession et en renforçant le pouvoir des « grands dirigeants » pour garder les sujets sous contrôle, les colonisateurs ont effectivement supprimé la culture Mangbetu.

* Les Mbuti, sont un peuple pygmée vivant dans le district de l’Ituri de la République Démocratique du Congo.

Leur langue appartient au sous-groupe des langues soudaniques centrales.
Les Mbuti sont un peuple pygmée de chasseurs-cueilleurs et l’un des plus anciens peuples présents en Afrique centrale.

(Extrait de African Reflections : Art from Northeastern Zaire, par Enid Schildkrout et Curtis A. Keim, AMNH et University of Washington Press, 1990.)

                  Grand chef Mangbetu Okodongwe avec ses fils Vers 1930. Congo

Descriptif de l'objet

 

Ce beau couteau faucille fait partie de la 3éme catégorie, avec sa lame sans relief sur les deux faces.
Lame classique, très agressive et effilée en pointe perforée de 2 gros trous.
La base de la lame est soutenue par un départ de soie très épais, de deux épaulements couverts de noir de fumée avec, entre les deux,
2 tétons en tronc de cône inversés face à face.
En dessous ont retrouve deux autres excroissances galbées face à face également.
Quant à la poignée, elle est en ivoire d’un diamètre conséquent, sculptée à partir d’une base cylindrique.
Les deux boudins du milieu sont marqués d’un trait circulaire sur le plus gros diamètre.
La prise en main est très efficace.
Tous ces couteaux avec manches en ivoire sont certainement des couteaux dédiés aux dignitaires des tribus pour identifier un rang hiérarchique élevé,
pour servir de sceptres ou d’armes de parade, mais pas d’armes de guerre.
Ce ne sont pas des monnaies, comme certains se plaisent à vouloir le faire croire.
Par contre il se peut qu’il ai servi dans les dots pour les mariages ou éventuellement de cadeaux pour services rendus ou également de récompenses.

@ll@n