Matakam-Paduko 2

Fiche technique

  • Taille
    Largeur au plus large : 20 cm.
  • Hauteur :
    59 cm.
  • Poids : 
    652 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, cuir et fibre végétale.
  • Pays : 
    Nord Cameroun, ouest Nigéria.
    Mongo.
  • Ethnies : 
    Nord Cameroun, ouest Nigéria.
  • Période estimée : 
    Années 1910-1930.
  • Autres informations :

    Ex collection Française.
    Salle des vente à Bourges Darmancier.
    Collection Mémoire-Africaine.

  • Réf. littéraires : 

    De fer et de fierté, p 68/69
    Blades of Beauty death, p 12
    Les forgerons Mafa (André-M Podlewski).

Synopsis

Forge et haut fourneau.

Souvent chaque région possède ses légendes, les forgerons n’y échappent pas.
La seule que nous avons pu recueillir sur la région Mandara est celle-ci.
Un jour, un chien décida de monter au ciel, il rencontra des personnes en train de palabrer autour d’un grand feu.
Elles lui proposèrent de se réchauffer.
Le chien accepta en disant qu’il lui suffisait de se réchauffer le dos, il s’assit donc le dos au feu de telle sorte que sa queue s’enflamma.
Il redescendit alors sur terre, donna ce feu à une veille dame qui le fit connaître aux autres habitants.

Les Mafa connaissent deux procédés pour faire le feu :
– le briquet, non pas celui que vous pensez, il s’agit en fait d’une petite barre de fer en forme de U fabriquée par le forgeron que l’on frappe d’un silex.
L’étincelle allume une bourre de kapok que l’on serre contre le silex.
– et le procédé ancestral encore utilisé qui consiste à faire tourner rapidement une petite tige de mil dans une tige de mil plus grosse sectionnée en deux et posée à même le sol sur un peu de suie.

Le forgeron ramasse quelques brins de paille secs et allume le feu dans le foyer, il y ajoute quelques poignées de charbon de bois, le plus souvent du bois de Caïlcédra, qui a une bonne puissance de chauffe.
Les soufflets sont en général faits de peaux de mouton, on y attache une tige de mil qui sert de poignée pour pouvoir les actionner.
On les agite très rapidement et alternativement, parfois sur un très joli rythme, donné par le chant de forgerons qui soutiennent en cadence le dur labeur, accompagné par
une harpe locale « ganzavar » , mais toujours sur le rythme des soufflets.
Pendant ce temps des gens apportent des outils à réparer tout en palabrant.
Le fer rougi est sorti avec l’aide de pinces (  » magatch » ) et placé sur une enclume en pierre.
Il existe plusieurs sortes de masse à frapper, en pierre ou en métal, selon la forme ou les striures à donner comme sur les houes par exemple.
Le forgeron présente la lame rougie sur la pierre et la retourne de temps en temps pendant que son aide la martèle.
Lorsque par exemple il s’agit de lier un fer après pliage ou rajout, on met dans le feu et sur les parties encore disjointes un peu de terre à laquelle on a mêlé de la rouille.
Ce liant permettra les raccords et assurera au fer battu sa compacité.
Le temps que la forge retrouve son silence, on fait griller quelques épis du mil nouveau sur les dernières braises, on boit un peu de bière de mil et le forgeron s’en va vers d’autres
activités.

 

Chasseur Matakam-Mafa

Haut fourneau Matakam et forgerons.

Descriptif de l'objet


Ce grand couteau présenté serait plutôt du type 2 :
La poignée est arquée, entourée de cuir tressé en chevrons sur une gangue en fibres végétales.
La lame a une belle forge avec arête centrale importante recto-verso, la courbe est longue et la pointe effilée remonte par rapport à la fin de l’arc.
Belle arme entièrement ciselée sur les deux faces de petits traits en points.

@ll@n