Ngbaka-Mabo 7

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 43 cm. 
  • Hauteur :
    38,5 cm.
  • Poids : 
    540 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, cuivre.
  • Pays : 
    Congo-Brazzaville, Afrique Centrale, Cameroun.
  • Peuple :
    Ngbaka.
  • Ethnies : 
    Mabo, Mbati.
  • Période estimée : 
    Années 1930.
  • Autres informations :
    Ex Collection Didier Karité.
    Vente Boisgirard-Antonini.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 

    De fer et de fierté p 140.
    Kipinga p 128.
    The Cutting Edge p 86
    .
    Couteaux de jets ou la collection d’un peintre. Gp 10.
    Âmes de formes, formes de lames, Luc Lefebvre-2007.

    Ce couteau de jet est référencé dans le bulletin n° 47 de Didier Carité. Le couteau de jet « mbalio » et ses derniers forgerons Mbati, Enquêtes en Centrafrique de 1989 à 1995 / I&M .

Synopsis

Diversité Ngbaka

 

Les Ngbaka ont plusieurs graphies, comme les Bwaka, Gwaka, Ngbwaka.
Leur langue appartient au grand cluster du Niger-Congo, en sa division Adamawa-oubanguien, sous groupe oubanguien.
Au nom Ngbaka sont liés plusieurs compléments pour autant de situations géographiques différentes : Les Ngbaka-Gbaya, situés autour de Gemena, les Ngbaka-Ma’bo à cheval sur la frontière de la République Démocratique du Congo et la République Centrafricaine (entre l’embouchure du Lobaye et les chutes au-delà du Zongo/Bangui) incluant le Monzombo et le Ngbaka-Manza en République Centrafricaine.

Les Ngbaka sont depuis près de deux siècles liés aux Aka dans une relation réciproque d’échanges et de services.
Ces derniers ont sans doute remplacé dans cette alliance les Pygmée Baka avec lesquels ils partagent une culture très largement commune.
Les Ngbaka-Mabo, sont une population forestière vivant comme des chasseurs-cueilleurs proto-agriculteurs semi-nomades.
Leur culture de vie étaient alors comparable aux Aka, autre population forestière de chasseurs-cueilleurs, mais ceux-ci limitent leurs activités à la seule prédation et restent très nomades.

L’évolution rapide de leur mode de vie suite aux effets de la colonisation et à ses séquelles, a évolué vers une sédentarisation aujourd’hui consommée, avec abandon progressif des activités de chasses mais maintien du piégeage.
Le développement de cultures comme le caféier, la décroissance sensible des cultures vivrières ont eu pour conséquence un profond bouleversement social et culturel.

Descriptif de l'objet

Très rare couteau de jet de l’ethnie Ngbaka Mabo Mbati provenant de la République Centrafricaine.
Cette belle arme de forme courante chez les Mabo est toujours aussi impressionnante par ses lames très acérées, pointues et coupantes. 

Cette lame est travaillée à partir de fers de récupération (épaves de bateau à aubes,chaland ou canot à vapeur).
La surface de cette lame hormis le corps est légèrement convexe et en forme d’ailettes remontées sur les bords formant comme un épaulement hyper coupant.
L’ergot est large et remonte franchement vers le haut. 
La face arrière est plane et unie avec les bords de coupe remontant.

Les deux faces sont ornementées de points de couleur blanche (kaolin) et rouge qui provient de l’écorce de l’arbuste  » tola ».
Sous cette patine sombre et cette décoration de point se trouvent des ciselures en double croix représentant le signe de l’araignée.
Ces deux sigles s’ observent sous le point blanc de l’ergot de droite et dans la courbe de la grande pointe entre le point blanc et le rouge.

La grande pointe à gauche est ciselée d’une ligne droite centrale, coupée de quatre lignes horizontales pointées à chaque bout, ceci sur la partie la plus large.
Le corps est ciselé sur son arrête de petits traits parallèles, horizontaux, en appui vers l’intérieur sur une ligne verticale bordée par des arcs de cercles sur toute sa hauteur.
Entre la grande pointe de gauche et la tête en forme de croissant se trouvent ciselées deux lignes brisés parallèles entourées par un rectangle légèrement arqué sur ces deux côtés les plus longs.
La poignée est en cuivre rouge, presque noire de patine de manutention.

Les croyances disent qu’au cours d’un décès les taches rituelles blanches et rouges d’un mbalio pouvaient permettre de conserver l’âme du défunt dans la famille.
Ce couteau unique en son genre appartenait à un tradipraticien Ngbaka-Mabo des environs de Mbaïki et les dessins, gravure-signature de Dinga-Bombongo.

@ll@n.