Ivoires

 


Les objets les plus anciens que nous connaissons remontent à la préhistoire ; ils ont été taillés par les chasseurs de mammouths. Dont le nom de civilisation Eburnéenne (du latin « EBUR » : ivoire) donné à cette époque de la préhistoire.

 

L’ivoire a toujours fait rêver les hommes. Sa douceur, sa matière blanche et dure que fournissent les défenses d’éléphants et, par extension, les dents de certains animaux tels que l’hippopotame, le phacochère, le morse ; le cachalot, le narval et bien d’autres.

On distingue deux sortes d’ivoire, le naturel qui provient d’animaux récemment tués surnommé « l’ivoire vert » et l’ivoire fossile également appelé ivoire de Sibérie (Ivoire de mammouth).

En Afrique, l’ivoire de Guinée est le plus serré, le plus dense et aussi le plus estimé, il est légèrement blond, translucide, et il blanchit en vieillissant. La couleur de l’ivoire change en vieillissant et sous l’influence de la lumière parfois en quelques années ou beaucoup plus lentement. Il peut prendre des teintes orangées ou rosées, plus souvent jaunâtre beaucoup moins appréciées. Parfois il se pare de tons bruns roux aux nuances chaudes, ceci pour les patines naturelles. Il va de soi que d’autres patines sont créées par l’homme soit par l’usure, la manutention , les libations à l’aide d’huile de palme, de bière de mil et autres. Ce qui permet d’avoir des ivoires très foncés en passant par la gamme des rouges bruns ou ambrés.

 

Défense d’éléphant d’Afrique avant 1900 – Collection mémoire-Africaine

HISTORIQUE

L’ivoire :

On pourrait l’appeler dentine, qui est un tissu minéral principal de toutes les dents à croissance continue ou non. L’ivoire à proprement parler est celui constitué par les défenses de l’éléphant et anciennement du mammouth. La dentine des mammifères tels que l’hippopotame, le phacochère ou des  » mammifères marins  » comme le narval, le morse, le cachalot appartient aussi à la famille des ivoires.
Mais en France, selon la législation datant de 1950, seule la défense d’éléphant est acceptée sous la dénomination  » IVOIRE « .

Les dents sont la partie la plus dure du squelette, ce qui est pratique pour la paléontologie, car elle joue un grand rôle dans l’identification et la datation des découvertes archéologiques.
Au début , l’ivoire de mammouth sert à confectionner au même titre que les os, des outils, des armes.
Cette matière qui s’avère beaucoup plus dure que l’os va séduire l’homme, malgré les difficultés à extraire les défenses du crâne des mammouths. Imaginez le travail avec le peu de moyens dont les hommes du néolithique disposaient, sachant q’une défense de mammouth pesait environ 140 kg et mesurait environ 4 à 5 m. !

Bref, cette matière va être privilégiée pour réaliser de petits objets, figures animales et/ou féminines.
C’est en passant par le néolithique saharien, l’Egypte, le proche-orient que l’ivoire va acquérir sa notoriété.
Dans l’antiquité les éléphants encore présents dans le nord de l’ Afrique ainsi qu’au proche-orient vont subir la transformation de l’ivoire.
Des petits objets de croyances ou des fétiches, on va passer aux objets de toilette, à l »incrustation de meubles et de coffrets par les Egyptiens, Assyriens, Phéniciens, Crétois et autres peuples.
L’ivoire devient le symbole même de l’éléphant, avec malheureusement tout ce que cela implique.

A partir du XVIe siècle l’exploitation à grande échelle de l’ivoire en Afrique favorisa la traite des esclaves sur les côtes du continent africain.
L’ivoire, fructueux commerce sera appelé Marfim, à partir du XVe siècle par les portugais qui l’importent directement en Europe.
Des millions d’éléphants vont être tués pour amortir les frais d’installation des colonisateurs, Français, Espagnols et autres, sans compter l’augmentation de l’esclavage pour mettre tout ce commerce en place.
L’appât du gain engendre souffrance et tuerie, certain surnommeront l’ivoire « Morfil ». Il conservera cette appellation jusqu’au XIXe siècle pour désigner la forme brute non travaillée de celui-ci.

A.R

 

COMPOSITION D’UNE DÉFENSE

(sans entrer dans le scientifique, ce qui serait beaucoup plus long et fastidieux)

La défense de l’éléphant est en fait une incisive supérieure hypertrophiée.
Creuse à sa base et contenant une pulpe conique qui s’étend sur un tiers de la longueur, voir plus.
Une dent est composée d’émail, de dentine et de cément, comme une dent humaine.
Le cément est un tissu moins dur que la dentine, il ressemble à l’os.
Le cément enrobe la racine et fait adhérer la dent à la mâchoire, aidé par ce fait d’un ligament appelé « périodonte » dont les fibres amortissent les chocs de la mastication.

La structure de la dentine « ivoire » est différente chez les éléphants et les mammouths, c’est un tissu blanc jaunâtre plus dur que l’os.
L’ivoire présente une structure plus complexe ; la défense est en fait formée par une série de cônes emboités.
Cela est du à la pousse concentrique ovoîdes espacée d’un centimètre environ et continuelle, ce qui forme de nouvelles couches vers l’extérieur, les plus récentes se trouvant prés du canal pulpeux.
Un peu comme les anneaux de pousse des arbres.
En coupe de longueur, ses couches successives s’appelle « ligne d’Owen  » et témoignent de l’âge de la défense.
Chaque anneaux représentent entre 6 à 8 ans, ces anneaux prennent l’aspect d’ondulations brunâtres à la surface de l’objet sculpté, qui parfois se micro fendille…
Chez les femelles, la croissance de la dentine est plus lente, il en résulte un ivoire à la texture plus dure et plus fine. La croissance se termine entre trente et trente cinq ans.
Le diamètre de leurs défenses est moins important que celui des mâles.
Par contre chez le mâle elle dure jusqu’à la fin de sa vie, d’ou des défenses plus importantes.
L’émail est le tissu le plus dur de tout l’organisme.
Chez les jeunes éléphants, seule l’extrémité des défenses est recouverte, mais cette couche d’émail s’use peu à peu et l’éléphant adulte en est dénué.