Cimier Yoruba "Egun" / Nigéria

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Azandé 1

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 8 cm au plus large. 
  • Hauteur :
     16 cm.
  • Poids : 
    65 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, bois, cuir.
  • Pays : 
    Afrique Centrale, Congo, sud Soudan.
  • Peuple :
    Azandé.
  • Ethnies : 
    Zandé, Azandé.
  • Période estimée : 
    Années 1880-1920
  • Autres informations :
    Salle des vente de ?.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Beauté fatale Jan Elsen p 211.
     

Synopsis

L’inversion sexuelle chez les Azandé

Avant que les règles européennes ne soient imposées aux Azandé, il existait de nombreux conflits entre les royaumes.
Une partie de la population masculine adulte de chaque royaume était organisée en compagnies militaires d’« hommes mariés » (abakumba) et de « célibataires » (aparanga) ; les mêmes compagnies, en plus de leurs fonctions militaires, servaient les cours royales en diverses qualités et étaient appelées à travailler dans les cultures agraires royales et princières.

Pour les hommes des compagnies de célibataires, dont certains vivaient en permanence dans des casernes à la cour royale, il était de coutume de prendre des garçons-épouses. 

Cela découlait sans aucun doute de la rareté des femmes pouvant être épousées, à une époque où la noblesse, mais aussi les citoyens ordinaires les plus riches, conservaient de grands harems, ce qui leur était possible car la dot était difficile à constituer et eux pouvaient la rassembler plus facilement que les hommes plus pauvres. 
   En conséquence, la plupart des hommes jeunes se mariaient tard – vers la vingtaine ou la trentaine – et dans la mesure où les filles étaient engagées (légalement mariées) très jeunes, souvent dès la naissance, la seule façon dont les jeunes pouvaient obtenir satisfaction auprès d’une femme était par l’adultère. 

Mais il s’agissait d’une solution dangereuse au problème du jeune homme car l’amende que son père aurait à payer était lourde – vingt lances et une femme, ce qui signifiait en fait le paiement de deux femmes au mari.

Il arrivait parfois que le mari soit tellement enragé qu’il refuse la compensation et choisisse plutôt de mutiler le coupable, lui coupant les oreilles, la lèvre supérieure, les organes génitaux et les mains.

Ainsi, le risque étant trop élevé, il était de coutume pour les célibataires prudents dans les compagnies militaires qui vivaient à la cour, s’ils ne pouvaient se contenter de la masturbation – une pratique à laquelle aucune honte n’était associée, bien qu’un jeune homme ne l’eût pas accomplie en public –, de se marier avec des garçons et de satisfaire leurs besoins sexuels avec eux. 

Un jeune qui avait une certaine position dans une compagnie pouvait avoir plusieurs garçons (kumba gude). 
Pour ces garçons, leurs compagnons guerriers étaient des « amants de cour » (badiya ngbanga).

Réf : Edward Evan Evans-Pritchard (CNRS)


                                 Village Azandé, présentation de monnaies.

Descriptif de l'objet

 

Ce double petit couteau est le seul connu pour l’instant, un mystère pour sa fonction.
Le travail des lames forgées et de la poignée nous dirige vers les Azandé, peut être Mangbetu !
Cette poignée assez spectaculaire dans le style est d’un seul bloc taillée et ajourée dans la masse.
Le style à étranglement léger et petites chapes en bout et côté soie, est typique des Azandé et des Mangbetu.

Les lames symétriques possèdent une rainure centrale décalée asymétriquement par rapport aux autres faces, ce qui est plus commun au Azandé.

Ces lames sont protégées par deux étuis en cuir cousus sur l’arrière, sûrement renforcés à l’intérieur par des petites lattes de bois.
Un lacet de cuir, enroulé et fixé au bout de chaque étui, formant un embout, protége encore plus la pointe.
Un reste de lanière de cuir est encore présent sur le haut des étuis, certainement un bout de petite sangle pour porter l’arme à la ceinture ou autour du cou.

Très belle arme rarissime d’autant plus que les lames sont sur le même plan côte à côte, et non l’une derrière l’autre, plus connues et comme ont le voit parfois.


@ll@n