Saka-Ngulu 2

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 18 cm au plus large. 
  • Hauteur :
     54,5 cm.
  • Poids : 
    625 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, bois, cuivre, nerfs animal.
  • Pays : 
    République Démocratique du Congo.
  • Peuple :
    Bantou.
  • Ethnies : 
    Ngombé, Doko.
  • Période estimée : 
    Années 1880-1920
  • Autres informations :
    Ex collection Luc Lefebvre.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Beauté fatale, armes d’Afrique centrale Jan Elsenp 128.
    De fer et de fierté p 152/155.
    Léopoldville Liège / Liège Kinshasa, 
    les collections africaines de l’université de Liège.

 

Synopsis

Le congo ou République du Congo 2

La République du Congo tire son nom du fleuve qui le borde (le Congo), fleuve tirant son appellation du royaume du Kongo découvert au XVe siècle par les Portugais.
À propos de l’appellation du royaume, on a suggéré qu’elle est tirée de ko-ngo, «allié de la panthère» ou encore nkongo, nom désignant le chasseur émérite ou enfin du terme réservé à une arme de jet, kongo ou kong. 

Toutes ces suggestions évoquent le pouvoir (ainsi, la panthère) ou font référence aux thèmes figurant dans les traditions ou des mythes qui évoquent le héros fondateur du royaume.
Le territoire de la République du Congo a été occupé depuis 40 000 ans, comme peuvent en témoigner la présence des pierres taillées trouvées dans les vallées du Niari.   

Les Pygmées sont les premiers habitants du Congo. 
Ils vivent dans la forêt, de la chasse et de la pêche depuis des siècles.
Le territoire congolais est ensuite cible de la grande migration des Bantous, venus du nord, plus précisément de la région des Grands Lacs (Tékés, Kongos, Ngalas) et du plateau oubanguien (Makas, Kakas) en longeant la côte et les cours d’eau. 
Ils s’organisent en chefferies dans les zones marécageuses et forestières, en royaumes dans les savanes.
Plusieurs royaumes, dont on ne connaît pas encore bien les origines, se succèdent ou coexistent :
  d’abord le royaume Makoko des Tékés, fondé au IXe siècle, qui s’étend sur un immense territoire entre l’Alima et le Mayombe. 
Le roi, régnant depuis la ville de Mbé, y est vénéré comme une divinité. 
Le royaume connaît une prospérité du XVe au XVIIIe siècles.
    

Ensuite le Kongo (fondé vers le XIe siècle) dans les territoires du Nord de l’Angola et du Cabinda, du sud-est de la République du Congo, de l’extrémité occidentale de la République Démocratique du Congo et une partie du Gabon ; son roi, le Mani Kongo, se convertit au christianisme et change de nom (Nzinga Nkuwu pour Joao 1er) à l’instar de sa capitale (Mbanza Kongo pour Sao Salvador) par amitié pour le roi portugais.

Le royaume de Loango (depuis le XVIe siècle) est issu du royaume de Kongo dont il se sépare à la fin du XVIe siècle. 
Il est gouverné par le roi Ma Loango, qui signe un traité en 1883 le plaçant sous protectorat français.
Les Bantous introduisent le travail du fer et construisent un réseau commercial dans le bassin du Congo. 
 
Réf : Wikipédia


                                             Roi de Loango.

 

Descriptif de l'objet

 

Grand couteau d’exécution Ngulu de première génération, c’est-à-dire antérieur à 1920.
On les reconnaît à leur forme relativement trapue ainsi que leur poids plus lourd.
Ce couteau possède un côté de lame tranchant à double vague, le croissant terminal pointant vers l’arrière et un côté avec avec trois excroissances latérales, plus une en haut, formant une partie angulaire.
Entre ces trois excroissances se trouvent deux creux, un assez court et l’autre plus long.
Cette arme étant assez lourde, le deuxième creux permet de la poser sur l’épaule lors de déplacement.

La lame en fer natif très affutée présente deux compartiments verticaux.

Le côté droit englobe les quatre excroissances, entièrement ciselées de lignes parallèles verticales en recto-verso. 
Puis, sur la partie basse de droite, se trouvent trois rigoles larges, profondes entres trois bourrelets importants ciselés de flashs en tête-bêche.
Ces rigoles sont arrêtées par un cartouche ciselé horizontalement, rempli de lignes croisées un peu au dessus de l’excroissance centrale.

Le croissant supérieur présente trois plans légèrement concaves, le central et celui de gauche sont ceinturés de trois lignes de flashs ciselées suivant la courbe, en recto-verso également.

La partie centrale possède trois décorations ciselées de cercles concentriques à distance régulière.

La poignée en bois elliptique et triangulaire au départ supporte ensuite des figures en formes de toupies larges superposées et elle se  termine par un tenon en double cône inversé.
La partie triangulaire est recouverte de bandes de cuivre ; les deux toupies et le tenon sont naturels.
Le bas de lame est recouvert d’un tressage savant, en nerfs d’animal, certainement pour aider au maintien de la lame dans la poignée.

En effet, ces lames ne traversent pas la poignée comme beaucoup d’autres armes africaines.
Cependant elle reçoivent de gros chocs lors d’exécution et ont besoin d’être bien maintenues dans les poignées.
D’autre part, la prise en mains étant assez courte, cela est certainement une manière de protéger également la main au contact de la lame.
Arme impressionnante et abîmée par l’utilisation.

@ll@n