Budu 3

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 14,5 cm au plus large. 
  • Hauteur :
     40 cm.
  • Poids : 
    273 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, bois.
  • Pays : 
    République Démocratique du Congo.
  • Peuple :
    Congolais.
  • Ethnies : 
    Budu.
  • Période estimée : 
    Années 1900-1920
  • Autres informations :
    Galerie J.M Desaives Bruxelles , Belgique.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Tribal arms monographs vol 1/n°3 p 44/45
    .

Synopsis

Les Budu et les Budu-Nyari (suite)


P. Schebesta* précise que le groupe Budu-Nyari aurait fait partie de la ramification orientale des Budu occidentaux habitant aux environs du lac Albert.
Du lac Albert, les Budu-Nyari se seraient mis en branle, cette fois ci, sous la poussée des envahisseurs appelés Mandoloma.
Van Geluwe* pense que cette migration coïnciderait avec le mouvement Shilluk Dinka au début du XVIe siècle.
Une fois partis de la région inter lacustre, les Budu-Nyari seraient passés par le Ruwenzori et auraient traversé la Simliki.
A Gety, et aux environs de Shari, les Nyari se scindèrent en deux groupes et se séparèrent ainsi des Budu.
Après cette séparation, les Budu continuèrent vers Watsa en passant par Aru.
Aux prises avec les Mamvu et les Mangbetu, ils descendirent le cours de la Bomokandi où ils vécurent longtemps en paix avec leurs voisins Medje-Mango.
Mais lorsque ceux-ci durent fuir les attaques des Azande, les Budu émigrèrent vers le sud.
Ainsi de l’Uele, les Budu, par vagues successives, vont s’installer et occuper la région de Wamba, située de part et d’autre de la rivière Nepoko.
Ils n’y trouvèrent que des Pygmées, qui leur auraient fait un bon accueil.
Les Budu parlent Ebodo ou Kibudu dans ses deux principales variantes qui sont Yaakoya et le Ineta/Eneta.
Les autres variantes sont également présentes dans les collectivités du territoire Budu.
Ils parlent aussi Swahili ou Kiswahili, je crois grâce aux interactions avec les arabisés Ngwana/bangwana du XVIIIe siècle.
Leur Français est tout simplement héritage de l’époque colonial.

Texte de DEGOT.

Manziga Alukunio lire OMASOMBO TSHONDA, Jean (dir.)

République démocratique du Congo. Haut-Uele.
Trésor touristique.
Séries « Monographies des provinces de la RD Congo », vol. 2. Bruxelles-Tervuren : Le Cri-MRAC, 2011, 440 p.


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* Paul Schebesta, missionnaire, ethnologue, linguiste, anthropologue physique et chercheur pygmée, né le 20 mars 1887 à Groß-Peterwitz, Moravie (aujourd’hui Pologne), mort le 17 septembre 1967, à Saint-Gabriel à Mödling près de Vienne.
* Huguette van Geluwe (1927-2019) était chef du département d’ethnographie du Musée Royal de l’Afrique Centrale.
Elle était une présence distinguée, une autorité incontestée sur l’art/ethnographie congolais, et fut pendant plusieurs décennies la grande dame – certains disent la « dame de fer » – du musée de Tervuren.

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Descriptif de l'objet

 

Après recherches et études sur différents types d’armes du même genre, il peut être considéré que cette arme nous vient des Budu, malgré quelques détails qui tendraient à le classer chez les Mangbetu, comme par exemple les hachures sur la base de la soie ou encore l’épaisseur et le travail d’inclinaison du plan de la lame.

On peut voir un exemplaire un peu similaire sur « Tribal Arms monographs » vol 1 N3, p 45 N° 65.
La forme est étirée et rigide, le dos à hauteur du téton haut, jusqu’à la poignée est épais et strié sur les arêtes, y compris les tétons carrés.
La pointe est arrondie et large, ce qui change un peu de la forme classique pointue.
On rencontre ce couteau de type faucille au nord-est du Zaïre (R;D.du Congo), qui regroupe des armes plus courtes, avec un manche un peu plus long.
Certains modèles présentent aussi des excroissances sur la lame ; pour ces armes, il s’agirait uniquement de décorations.

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