Manza 1

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 33 cm. 
  • Hauteur :
    45 cm.
  • Poids : 
    442 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, fibres végétales.
  • Pays : 
    Afrique Centrale, République Centrafricaine, Zaïre, République Démocratique du Congo.
  • Peuple :
    Banda.
  • Ethnies : 
    Manza, « Mandja ».
  • Période estimée : 
    Années 1880-1920.
  • Autres informations :
    Hôtel des ventes Lyon presqu’île, 23/06/2011.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Les couteaux de jet du sud, Luc Lefebvre p 41.
    Beauté fatale P 128.
    Couteaux de jet ou la collection d’un peintre, groupe 11.
    Fatal Beauty p 128. 

Synopsis

Croyances et magie 1

 

Tout ce qui existe dans la nature, puissante et occulte, a frappé l’esprit de l’homme primitif.
En présence de ses mystères angoissants, pauvre petite larve égarée au pied d’une végétation monstrueuse, l’homme s’est senti faible : il a eu peur.
Il a cru à des forces surnaturelles dont tout ce qui l’entoure n’est que les manifestations.

Les redoutant, il leur a voué un culte : première religion de l’être humain.

Son imagination a ainsi crée le génie de l’orage habitant le ciel, celui de la terre qui la rend fertile, celui de la brousse et de la forêt, maître des animaux et celui des eaux qui s’empare des baigneurs et fait chavirer les pirogues dans les rapides, pour tuer les hommes.
Il leur porte des offrandes, il les invoque pour qu’ils favorisent ses occupations et, afin que ses demandes soient plus efficaces, il accomplit les rites de leur culte auprès de leur habitat supposé et préféré.

Tous les féticheurs sont des individus d’une intelligence supérieure à la moyenne et, condition essentielle, doivent être d’excellents danseurs et, parfois même de bon musiciens.

Par leurs pratiques magiques, ils asservissent les puissances occultes qui leur obéissent et ils font commettre des bonnes et des mauvaises actions.
Ils tuent, car chacune de ces puissances a ses poisons qui lui sont propres, comme ils guérissent par leur intermédiaire.
Au culte des phénomènes naturels s’ajoute celui dû aux esprits des morts, aux âmes désincarnés : aux mânes. Culte commun à tous ceux qu’on désigne comme primitifs.
Après la mort, les âmes errent dans la nature, il ne faut point les délaisser, on leur doit des offrandes :
les prémices des récoltes, de la chasse, de la pêche, sinon elles se vengent cruellement, causant des épidémies et des disettes.

C’est alors le plus ancien qui officie;  il est en effet le plus proche des ancêtres, il est le trait d’union entre les vivants et les morts.

Dans tout événement de la vie sociale du groupement, il préside : cérémonies rituelles des saisons, installations de nouvelles plantations, naissance, mariage, levée de deuil.
Dans le cercle privé, c’est le père qui officie lui-même perpétuant ainsi le souvenir des siens.

(A.M Vergiat, Les rites secrets des primitifs de l’Oubangui, Payot, Paris, 1936).

Descriptif de l'objet

Le couteau de forme Manza  » ndo, soro « qui vous est présenté est absolument magnifique dans son aboutissement : une belle harmonie dans son équilibre et une dextérité parfaite de la forge pour l’époque.
Cela me fait penser à une fabrication plutôt Mabo, Nzombo par sa qualité de forge.

La face est bombée avec un méplat central, parcouru par des ciselures en lignes de points et des triangles aux intersections des pointes.

La poignée est délicatement tressée de fibres, genre rotang (osier), et remarquablement exécutée dans sa symétrie.
Certainement une arme de chef ou de haut dignitaire.
Ils utilisaient surtout l’arc, mais aussi le javelot et le bouclier.
Parfois ils ont acquis divers types de couteaux de jet empruntés à des peuples voisins.

Les Manza n’ont jamais produit d’armes en grande quantité et la qualité en était plutôt grossière, tant dans la finition que dans la forme.

@ll@n