Ngbaka-Gbaya 4

Fiche technique

  • Taille
    Largeur de tête : 28 cm. 
  • Hauteur :
    40 cm.
  • Poids : 
    430 grammes.
  • Matériaux : 
    Fer forgé, rotang.
  • Pays : 
    République Démocratique du Congo, Afrique Centrale, Équateur.
  • Peuple :
    Ngbaka.
  • Ethnies : 
    Ngbaka, Gbaya, Mbanja.
  • Période estimée : 
    Années 1900-1920.
  • Autres informations :
    Ex collection Éric Claude.
    Collection Mémoire-africaine.
  • Réf. littéraires : 
    Couteaux de jets du sud, Luc Lefebvre p 60.
    The African throwing knife.pl S.P.XI.

Synopsis

Monde surnaturel

Depuis les débuts de la colonisation, une hiérarchisation s’est donc instaurée dans le monde surnaturel, avec d’un côté un dieu-suprême  » d’importation » et d’autre part, tout un monde de génies secondaires.
Aucun pourtant ne semble plus faire l’objet d’un culte, seuls les mungo, génies des pierres et les mootuku, génies de l’eau, reçoivent un culte régulier de leurs adeptes respectifs regroupés en sociétés secrètes.

Les mungo, génies des sept pierres, sont de tous petits êtres anthropomorphes.
Ils portent les cheveux longs et des mèches fines terminées par de petites boules qui, s’entrechoquant, cliquettent constamment.
Leur habitat de prédilection est une pierre ambrée translucide, considérée comme une pierre céleste. ( Leur nom « témé.ng’o, signifie littéralement « caillou d’eau » et plus couramment « les galets que l’on trouve dans les cours d’eau. »)
Pour pouvoir s’y installer, ils ont besoin de l’aide des humains.
C’est pourquoi  des génies errant prennent possession d’un individu qu’ils tourmentent de maux divers (fièvre, migraines, paralysie….)
Puis le génie guide le nouvel adepte vers la pierre qu’il s’est choisie.
Celui-ci devra dès lors conserver cette pierre dans un petit panier, faisant office d’autel, et prendre soin de son mungo, lui offrant chaque jour un peu de nourriture, avant de commencer son propre repas.
S’il manque à cette obligation, le mungo le frappe ou bien l’afflige d’une maladie et de surcroit empêche le succès du piégeage.

La retraite en forêt qui accompagne l’initiation est d’assez courte durée (trois ou quatre jours); elle est précédée d’une retraite dans le village même d’une durée équivalente.
Toute cette préparation est faite sous la surveillance d’anciens initiés au culte et sous la direction de la mère des mungo.
L’initiation comporte l’acquisition de connaissances diverses, telles que celle de certains remèdes, soignant précisément les maux provoqués par les génies.
Et également la capacité de saisir sans risques, poissons, batraciens et serpents vivants et enfin de découvrir des pierres.
Cette initiation est reçue par le nouvel adepte dans un état de semi-conscience due à l’absorption d’un stupéfiant ou d’un hallucinogène. 

La mère des mungo a reçu ses pierres en public, elles lui sont tombées du ciel, au cours d’une danse de possession.
C’est ce qui lui confère son statut. Les autres initiés les ont trouvées en forêt.
De plus, seule une mère des mungo possède les sept pierres.
Plusieurs initiés de la même confrérie peuvent accéder au statut de mère des mungo.
Les pierres sont reçues une à une, accueillant alternativement un bon puis un mauvais mungo, jusqu’à la dernière dont le mungo joue pour son adepte, le rôle de protecteur.
Si on lui dérobe cette pierre et le mungo qui l’habite, il meurt.

 

Chef Ngbaka. Chefferie Busoko. Congo presse.

Descriptif de l'objet

Ce couteau de jet Ngbaka est assez épais et de forge frustre où l’on voit sur la face arrière l’amalgame du métal.
La face avant est bien en relief avec côte gauche un bel épaulement sur la hauteur du corps, orné d’un triangle et d’une ligne de traits en flashs.

L’ergot en bas, large, en forme de feuille, a une belle surépaisseur de forge ornée d’un décor ciselé en forme de sablier.

Le tour de l’ergot et écrasé d’un beau martelage formant l’affutage et la petite pointe presque cylindrique.
La tête à été soudée par forgeage sur le corps, où l’on voit la surépaisseur.

La partie centrale de la forme de tête présente un méplat assez large entouré par un dénivelé important de l’affutage.

Ce méplat est orné de ciselures en lignes parallèles suivant la forme galbée de la tête avec par endroits des formes hachurées triangulaires et  inversées formant des sabliers.
Sur la prise en main, un reste d’habillage en rotang tressé subsiste en partie.

@ll@n